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Vertu demande à ses cadres de débourser 6 880 dollars pour un agent IA et dévoile ses performances réelles
L'intelligence artificielle s'impose désormais comme la nouvelle frontière du secteur des smartphones, les fabricants s'empressant d'intégrer des fonctionnalités basées sur l'IA pour conquérir le grand public. Vertu, en revanche, suit une voie qui lui est propre. Le fabricant britannique de téléphones de luxe, réputé pour ses appareils méticuleusement conçus dont le prix s’élève souvent à plusieurs dizaines de milliers, a bâti sa marque en vendant des symboles de statut social aux plus fortunés plutôt qu’en rivalisant sur les spécifications techniques. Son Alphafold s’adresse aux particuliers fortunés, en particulier aux PDG, en associant des matériaux somptueux à un assistant IA conçu pour rationaliser les flux de travail des cadres dirigeants.
J’ai évalué cet appareil selon ses propres mérites. Plutôt que de me concentrer sur les scores de benchmark, les comparaisons d’appareils photo ou la consommation de médias — les éléments incontournables de la plupart des tests de smartphones —, j’ai passé plusieurs jours à utiliser ce pliable exactement comme Vertu imagine que ses clients le feraient : en gérant des documents, en analysant des feuilles de calcul et des contrats, en planifiant des voyages d’affaires, en automatisant des tâches routinières et en comptant sur son agent IA comme compagnon numérique tout au long de la journée de travail. La question n’était pas de savoir s’il s’agissait d’un bon smartphone, mais s’il s’agissait d’un bon smartphone destiné aux cadres.
Au cœur de l’Alphafold se trouve Hermes Agent, un assistant IA préinstallé basé sur le projet open source Hermes. L’entreprise affirme qu’il est capable d’analyser des fichiers, d’automatiser des tâches impliquant plusieurs applications, de mémoriser des conversations et de transférer des demandes à un concierge humain lorsque cela s’avère nécessaire. Contrairement à la plupart des assistants IA pour smartphones qui se contentent de répondre à des invites, Hermes est conçu pour exécuter des flux de travail en plusieurs étapes pour le compte des utilisateurs, ce qui en fait la pièce maîtresse de l’argumentaire de Vertu plutôt que le matériel pliable lui-même.
Sur le plan physique, l’Alphafold, dont le prix démarre à 6 880 dollars, a tout d’un appareil de luxe, tant au niveau de l’apparence que du toucher. L’appareil de test que j’ai reçu était recouvert de cuir de veau véritable rehaussé de touches de titane, ce qui le distingue des appareils pliables grand public qui misent principalement sur des finitions en verre ou en matériaux synthétiques. Il est clairement destiné aux acheteurs qui considèrent leur téléphone à la fois comme un outil et un symbole de statut social.
Comparé au Samsung Galaxy Z Fold 7, que j’ai utilisé comme appareil de référence tout au long de ce test, l’Alphafold, qui pèse 264 grammes, semble nettement plus lourd que le pliable de Samsung, qui pèse 215 grammes. Ce surpoids se fait sentir lors d’une utilisation prolongée, même s’il ne rend jamais l’appareil difficile à manier. Le cadre incurvé de l’Alphafold facilite également son dépliage par rapport aux bords plus plats du Galaxy Z Fold 7. Le design de Samsung, en revanche, semble plus épuré et plus confortable à tenir une fois plié, ce qui facilite son utilisation d’une seule main.

L’Alphafold de Vertu avec un dos en cuir de veau et le Galaxy Z Fold 7 de Samsung avec undosen verre. Crédits photo :Jagmeet Singh / TechCrunch
L’Alphafold est également livré dans un emballage qui s’apparente davantage à un coffret à bijoux qu’à une boîte de smartphone. La boîte surdimensionnée s’ouvre pour révéler des tiroirs soigneusement agencés contenant les accessoires fournis, notamment une housse en cuir et des câbles de recharge, renforçant ainsi l’impression que Vertu vend une expérience de luxe plutôt qu’un simple téléphone.

Le Vertu Alphafold dans sonemballagede luxe. Crédits photo :Jagmeet Singh / TechCrunch
Derrière ces matériaux haut de gamme, l’Alphafold cache toutefois une autre réalité. Au cours de mon test, j’ai remarqué des similitudes frappantes entre cet appareil et le ZTE Nubia Fold à 1 100 dollars — de la conception de la charnière et des dimensions jusqu’à l’emplacement des haut-parleurs, des microphones et du lecteur d’empreintes digitales. La différence la plus visible réside toutefois dans la face arrière revêtue de cuir de Vertu. Les informations système ont également révélé la présence d’identifiants ZTE dans certaines parties du logiciel.
Interrogée sur ces observations, Vertu a confirmé à TechCrunch que l’Alphafold avait été développé dans le cadre d’un partenariat spécialisé au sein de la chaîne d’approvisionnement, impliquant la plateforme matérielle de ZTE/Nubia, l’intégration des composants et l’ingénierie de production. L’entreprise a toutefois précisé qu’elle était responsable des matériaux de luxe, de l’expérience logicielle, du contrôle qualité et du service après-vente. ZTE n’a pas répondu à notre demande de commentaires.

ZTE NubiaFold Crédits photo :YMobile.jp
Ce n’est pas une nouveauté pour Vertu. Dans une analyse du MetaVertu publiée en 2023, Wired avait rapporté que l’appareil semblait reposer sur un téléphone ZTE Nubia, citant des similitudes matérielles et des commentaires de Counterpoint Research selon lesquels Vertu avait adapté des modèles ZTE existants en y intégrant des matériaux de luxe et des logiciels sur mesure.
Pour autant, se concentrer uniquement sur le matériel, c’est passer à côté de l’intérêt de l’Alphafold. Le véritable enjeu pour Vertu n’est pas de construire un meilleur smartphone pliable, mais de savoir si les cadres seront prêts à payer pour un assistant IA qui les aide à gérer leur journée de travail plus efficacement.
Pendant plusieurs jours, j’ai utilisé l’Alphafold comme smartphone principal, en remplaçant les tâches routinières par de véritables flux de travail dignes d’un cadre supérieur. Au lieu de demander à Hermès de rédiger des e-mails ou de répondre à des questions de culture générale, je lui ai confié l’analyse de feuilles de calcul et de contrats, la planification de voyages d’affaires, la gestion de mon agenda et l’automatisation d’actions sur plusieurs applications. J’ai ensuite comparé cette expérience à celle offerte par le Galaxy Z Fold 7 de Samsung, équipé de Gemini de Google.

Vertu Alphafold et Samsung Galaxy Z Fold7 Crédits photo :Jagmeet Singh / TechCrunch
Les tests ont évolué au fur et à mesure. Les premières versions du logiciel avaient du mal à charger des fichiers, à analyser des images et à se connecter au service de conciergerie de Vertu. Après avoir signalé ces problèmes à Vertu, la société a déployé des correctifs côté serveur qui ont rétabli les fonctionnalités manquantes, permettant ainsi de mener à bien le reste des tests.
Ce qui est ressorti de ces journées de tests, c’est une image plus nuancée que ne le laissaient entendre les affirmations de l’entreprise. Hermes s’est montré impressionnant lors de l’analyse de fichiers locaux et de feuilles de calcul, des domaines dans lesquels Gemini, sur le smartphone pliable de Samsung, dépendait encore de documents téléchargés manuellement lors de mes tests. Il s’est également montré plus enclin à automatiser des actions entre différentes applications et à mener à bien des flux de travail en plusieurs étapes. Mais cette plus grande autonomie s’accompagnait de compromis, soulevant des questions quant au moment où une IA devrait agir de manière indépendante et à celui où elle devrait demander des précisions.
L’agent Hermès de Vertu peut-il remplacer un assistant de direction ?
L’un des premiers tests a simulé un scénario courant pour un cadre avant son départ pour l’aéroport. J’ai demandé à l’agent Hermes sur l’Alphafold d’envoyer un message à un contact pour l’informer que j’avais 20 minutes de retard, de me guider jusqu’à l’aéroport, de mettre le téléphone en mode « Ne pas déranger » et de me rappeler d’appeler l’hôtel dans 15 minutes. L’agent a envoyé le message, activé le mode « Ne pas déranger » et ouvert Google Maps avec l’itinéraire vers l’aéroport. Il n’a toutefois pas lancé automatiquement la navigation et a plutôt programmé le rappel à 21 h 08, alors que la demande avait été formulée à 2 h 32 du matin pour un rappel 15 minutes plus tard.

Crédits image :Jagmeet Singh / TechCrunch
La même requête effectuée sur le Galaxy Z Fold 7 de Samsung a donné lieu à une expérience différente. Plutôt que de tenter d’exécuter chaque action immédiatement, Gemini a posé des questions complémentaires, notamment pour savoir vers quel aéroport je souhaitais me rendre et si le rappel devait être créé dans Google Tasks ou dans Samsung Reminder. Une fois ces choix effectués, il a créé le rappel à l’heure correcte.
Hermes s’est montré plus enclin à agir de manière autonome, tandis que Gemini a préféré confirmer les détails avant de poursuivre. En conséquence, Hermes a mené à bien une plus grande partie du processus demandé, mais c’est Gemini qui a finalement produit le résultat le plus précis.
Planification d’un voyage d’affaires
Un deuxième test portait sur une tâche plus ouverte. J’ai demandé à l’agent Hermes de Vertu d’organiser un voyage d’affaires de Mumbai à Pune, comprenant un vol le matin, une recommandation d’hôtel et l’ajout de l’itinéraire à mon agenda. L’agent a répondu qu’aucun vol direct n’était disponible le matin pour le trajet demandé et a proposé un bouton « Contact Butler » pour transmettre la demande au service de conciergerie de Vertu. Il a également créé une entrée d’agenda avec des dates erronées, programmant le voyage pour le 7 juillet au lieu des 18 et 19 juillet, laissant ainsi le flux de travail inachevé.

Crédits image :Jagmeet Singh / TechCrunch
Gemini, sur le Galaxy Z Fold 7 de Samsung, a adopté une approche différente. Après avoir déterminé qu’aucun vol direct le matin ne convenait pour le trajet demandé, il a poursuivi la planification du voyage en proposant d’autres options de voyage plutôt que de transférer la tâche.
Travail sur des documents professionnels
Les documents professionnels ont également révélé un bilan mitigé. J’ai demandé à Hermes Agent et à Gemini d’analyser une feuille de calcul financière enregistrée localement, de résumer les résultats trimestriels et de déterminer si les chiffres d’affaires du troisième trimestre y figuraient.
Lors de mes premiers tests, Hermes avait analysé une feuille de calcul des ventes mise en ligne et avait correctement résumé les chiffres du deuxième trimestre. Cependant, lorsque je suis revenu sur cette même conversation quelques jours plus tard, l’assistant ne reconnaissait plus le document précédemment partagé et m’a répondu : « Je ne peux pas accéder aux fichiers stockés directement sur votre appareil local. Veuillez télécharger ou joindre la feuille de calcul des ventes ici, dans la conversation, et je me ferai un plaisir d’analyser les données du deuxième trimestre pour vous. »

Crédits image :Jagmeet Singh / TechCrunch
Gemini exigeait également que la feuille de calcul soit téléchargée au départ, mais conservait le contexte de la conversation. Quelques jours plus tard, il était toujours capable de répondre à des questions de suivi concernant le document, identifiant correctement la région Nord comme celle générant le plus de ventes sans qu’il soit nécessaire de télécharger à nouveau le fichier.
Dans l’ensemble, ces tests suggèrent qu’Hermes Agent est un assistant IA ambitieux plutôt qu’un produit abouti. Sa volonté d’agir de manière autonome le faisait souvent ressembler davantage à un agent qu’à Gemini sur le téléphone Samsung, mais cette même approche a parfois donné lieu à des flux de travail incomplets, des résultats erronés et un comportement incohérent. Le rythme des mises à jour pendant la période d’évaluation a également laissé entendre que Vertu peaufine activement la plateforme, ce qui signifie que l’expérience actuelle pourrait ne pas être la même que celle que les acheteurs découvriront dans quelques mois.
Au-delà de l’assistance générale, Vertu a conçu Hermes autour d’un ensemble d’agents IA spécialisés destinés aux professionnels aisés, notamment des agents spécialisés dans le conseil juridique et les analyses d’investissement, ainsi que la possibilité de transmettre certaines demandes à un concierge humain. L’idée est de positionner l’Alphafold comme bien plus qu’un simple smartphone haut de gamme, en le présentant plutôt comme un assistant numérique destiné aux cadres dirigeants.
Dans la pratique, cependant, ces agents spécialisés doivent être considérés comme des points de départ plutôt que comme des conseillers faisant autorité. Ils peuvent fournir des résumés et des recommandations utiles, mais leurs réponses restent générées par l’IA et doivent être vérifiées de manière indépendante avant d’être prises en compte pour des décisions juridiques, financières ou autres décisions à enjeux élevés. La possibilité de transmettre certaines demandes au service de conciergerie de Vertu souligne les limites actuelles des agents IA. L’expertise humaine reste indispensable.
Vertu positionne également l’Alphafold comme une plateforme d’entreprise plutôt que comme un simple smartphone. La société a présenté un système intégré de planification des ressources d’entreprise (ERP) conçu pour permettre aux cadres d’accéder aux données métier et aux flux de travail depuis l’appareil. Mes tests se sont toutefois limités à un environnement de démonstration, ce qui rend difficile l’évaluation des performances de cette fonctionnalité dans le cadre d’une utilisation quotidienne ou de son niveau d’intégration avec les systèmes d’entreprise existants.
L’aspect sécurité
Pour le public cible de l’Alphafold, la sécurité peut être tout aussi importante que l’IA. Les dirigeants sont peu susceptibles d’utiliser un assistant qui analyse des contrats, des rapports financiers et des plans d’affaires s’ils ne savent pas avec certitude où ces données sont traitées ou stockées.
Vertu affirme que les conversations avec Hermes Agent sont chiffrées et ne sont pas utilisées pour entraîner des modèles d’IA publics. Selon l’entreprise, les utilisateurs peuvent également choisir le lieu de traitement de leurs données, les déploiements d’entreprise prenant en charge une infrastructure privée pour les organisations qui ont besoin d’un contrôle accru sur leurs informations sensibles.
Vertu étaye ces affirmations avec une puce de sécurité dédiée, baptisée « A5 », qui, selon elle, assure une protection au niveau matériel des données sensibles, des communications chiffrées et des identifiants numériques. Ces affirmations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante lors des tests, mais elles sont au cœur de l’argumentaire de Vertu auprès des dirigeants et des entreprises.
Au quotidien avec l’Alphafold
Au-delà de l’IA, l’Alphafold se comporte comme n’importe quel smartphone pliable haut de gamme moderne. Lors des tests, la batterie a facilement tenu plus d’une journée. Cependant, l’absence de recharge sans fil est une omission surprenante à ce prix, d’autant plus que le Galaxy Z Fold 7 de Samsung prend en charge la recharge Qi, très pratique, en plus de la recharge filaire via USB-C.

Le Vertu Alphafold tient plus d’une journée avec une seulecharge. Crédits photo :Jagmeet Singh / TechCrunch
L’application appareil photo comprend également un mode de numérisation de documents dans le menu « Smart AI », capable de reconnaître des documents papier et de les enregistrer avec des améliorations, ce qui la rend utile pour numériser des contrats, des reçus et d’autres documents professionnels. Samsung propose une expérience de numérisation comparable via son propre logiciel d’appareil photo ; cette fonctionnalité s’apparente donc davantage à un élément de parité qu’à un facteur de différenciation.
Verdict
L’Alphafold est une tentative ambitieuse de créer un smartphone de luxe axé sur l’IA, mais sa réalisation n’est pas à la hauteur de son prix. Malgré ses matériaux haut de gamme et ses services exclusifs, le matériel de base n’offre guère plus que ce que l’on trouve sur des smartphones pliables nettement moins chers, tandis qu’Hermès Agent reste une plateforme en cours d’évolution plutôt qu’une raison convaincante de dépenser des milliers de plus.
En fin de compte, Vertu demande aux acheteurs de payer un supplément substantiel pour la marque, le savoir-faire artisanal et un écosystème de services d’IA et de conciergerie s’appuyant sur une plateforme de smartphone déjà bien établie. D’après mes tests, ce surcoût est difficile à justifier, d’autant plus que le Galaxy Z Fold 7 de Samsung offre une expérience de smartphone pliable plus aboutie, avec des fonctionnalités quotidiennes comparables, pour un prix nettement inférieur. Avec l’arrivée très prochaine du Galaxy Z Fold 8 de Samsung, la proposition de valeur de l’Alphafold devient encore plus difficile à défendre.
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J’ai évalué cet appareil selon ses propres mérites. Plutôt que de me concentrer sur les scores de benchmark, les comparaisons d’appareils photo ou la consommation de médias — les éléments incontournables de la plupart des tests de smartphones —, j’ai passé plusieurs jours à utiliser ce pliable exactement comme Vertu imagine que ses clients le feraient : en gérant des documents, en analysant des feuilles de calcul et des contrats, en planifiant des voyages d’affaires, en automatisant des tâches routinières et en comptant sur son agent IA comme compagnon numérique tout au long de la journée de travail. La question n’était pas de savoir s’il s’agissait d’un bon smartphone, mais s’il s’agissait d’un bon smartphone destiné aux cadres.
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Sur le plan physique, l’Alphafold, dont le prix démarre à 6 880 dollars, a tout d’un appareil de luxe, tant au niveau de l’apparence que du toucher. L’appareil de test que j’ai reçu était recouvert de cuir de veau véritable rehaussé de touches de titane, ce qui le distingue des appareils pliables grand public qui misent principalement sur des finitions en verre ou en matériaux synthétiques. Il est clairement destiné aux acheteurs qui considèrent leur téléphone à la fois comme un outil et un symbole de statut social.
Comparé au Samsung Galaxy Z Fold 7, que j’ai utilisé comme appareil de référence tout au long de ce test, l’Alphafold, qui pèse 264 grammes, semble nettement plus lourd que le pliable de Samsung, qui pèse 215 grammes. Ce surpoids se fait sentir lors d’une utilisation prolongée, même s’il ne rend jamais l’appareil difficile à manier. Le cadre incurvé de l’Alphafold facilite également son dépliage par rapport aux bords plus plats du Galaxy Z Fold 7. Le design de Samsung, en revanche, semble plus épuré et plus confortable à tenir une fois plié, ce qui facilite son utilisation d’une seule main.

L’Alphafold de Vertu avec un dos en cuir de veau et le Galaxy Z Fold 7 de Samsung avec undosen verre. Crédits photo :Jagmeet Singh / TechCrunch
L’Alphafold est également livré dans un emballage qui s’apparente davantage à un coffret à bijoux qu’à une boîte de smartphone. La boîte surdimensionnée s’ouvre pour révéler des tiroirs soigneusement agencés contenant les accessoires fournis, notamment une housse en cuir et des câbles de recharge, renforçant ainsi l’impression que Vertu vend une expérience de luxe plutôt qu’un simple téléphone.

Le Vertu Alphafold dans sonemballagede luxe. Crédits photo :Jagmeet Singh / TechCrunch
Derrière ces matériaux haut de gamme, l’Alphafold cache toutefois une autre réalité. Au cours de mon test, j’ai remarqué des similitudes frappantes entre cet appareil et le ZTE Nubia Fold à 1 100 dollars — de la conception de la charnière et des dimensions jusqu’à l’emplacement des haut-parleurs, des microphones et du lecteur d’empreintes digitales. La différence la plus visible réside toutefois dans la face arrière revêtue de cuir de Vertu. Les informations système ont également révélé la présence d’identifiants ZTE dans certaines parties du logiciel.
Interrogée sur ces observations, Vertu a confirmé à TechCrunch que l’Alphafold avait été développé dans le cadre d’un partenariat spécialisé au sein de la chaîne d’approvisionnement, impliquant la plateforme matérielle de ZTE/Nubia, l’intégration des composants et l’ingénierie de production. L’entreprise a toutefois précisé qu’elle était responsable des matériaux de luxe, de l’expérience logicielle, du contrôle qualité et du service après-vente. ZTE n’a pas répondu à notre demande de commentaires.

ZTE NubiaFold Crédits photo :YMobile.jp
Ce n’est pas une nouveauté pour Vertu. Dans une analyse du MetaVertu publiée en 2023, Wired avait rapporté que l’appareil semblait reposer sur un téléphone ZTE Nubia, citant des similitudes matérielles et des commentaires de Counterpoint Research selon lesquels Vertu avait adapté des modèles ZTE existants en y intégrant des matériaux de luxe et des logiciels sur mesure.
Pour autant, se concentrer uniquement sur le matériel, c’est passer à côté de l’intérêt de l’Alphafold. Le véritable enjeu pour Vertu n’est pas de construire un meilleur smartphone pliable, mais de savoir si les cadres seront prêts à payer pour un assistant IA qui les aide à gérer leur journée de travail plus efficacement.
Pendant plusieurs jours, j’ai utilisé l’Alphafold comme smartphone principal, en remplaçant les tâches routinières par de véritables flux de travail dignes d’un cadre supérieur. Au lieu de demander à Hermès de rédiger des e-mails ou de répondre à des questions de culture générale, je lui ai confié l’analyse de feuilles de calcul et de contrats, la planification de voyages d’affaires, la gestion de mon agenda et l’automatisation d’actions sur plusieurs applications. J’ai ensuite comparé cette expérience à celle offerte par le Galaxy Z Fold 7 de Samsung, équipé de Gemini de Google.

Vertu Alphafold et Samsung Galaxy Z Fold7 Crédits photo :Jagmeet Singh / TechCrunch
Les tests ont évolué au fur et à mesure. Les premières versions du logiciel avaient du mal à charger des fichiers, à analyser des images et à se connecter au service de conciergerie de Vertu. Après avoir signalé ces problèmes à Vertu, la société a déployé des correctifs côté serveur qui ont rétabli les fonctionnalités manquantes, permettant ainsi de mener à bien le reste des tests.
Ce qui est ressorti de ces journées de tests, c’est une image plus nuancée que ne le laissaient entendre les affirmations de l’entreprise. Hermes s’est montré impressionnant lors de l’analyse de fichiers locaux et de feuilles de calcul, des domaines dans lesquels Gemini, sur le smartphone pliable de Samsung, dépendait encore de documents téléchargés manuellement lors de mes tests. Il s’est également montré plus enclin à automatiser des actions entre différentes applications et à mener à bien des flux de travail en plusieurs étapes. Mais cette plus grande autonomie s’accompagnait de compromis, soulevant des questions quant au moment où une IA devrait agir de manière indépendante et à celui où elle devrait demander des précisions.
L’agent Hermès de Vertu peut-il remplacer un assistant de direction ?
L’un des premiers tests a simulé un scénario courant pour un cadre avant son départ pour l’aéroport. J’ai demandé à l’agent Hermes sur l’Alphafold d’envoyer un message à un contact pour l’informer que j’avais 20 minutes de retard, de me guider jusqu’à l’aéroport, de mettre le téléphone en mode « Ne pas déranger » et de me rappeler d’appeler l’hôtel dans 15 minutes. L’agent a envoyé le message, activé le mode « Ne pas déranger » et ouvert Google Maps avec l’itinéraire vers l’aéroport. Il n’a toutefois pas lancé automatiquement la navigation et a plutôt programmé le rappel à 21 h 08, alors que la demande avait été formulée à 2 h 32 du matin pour un rappel 15 minutes plus tard.

Crédits image :Jagmeet Singh / TechCrunch
La même requête effectuée sur le Galaxy Z Fold 7 de Samsung a donné lieu à une expérience différente. Plutôt que de tenter d’exécuter chaque action immédiatement, Gemini a posé des questions complémentaires, notamment pour savoir vers quel aéroport je souhaitais me rendre et si le rappel devait être créé dans Google Tasks ou dans Samsung Reminder. Une fois ces choix effectués, il a créé le rappel à l’heure correcte.
Hermes s’est montré plus enclin à agir de manière autonome, tandis que Gemini a préféré confirmer les détails avant de poursuivre. En conséquence, Hermes a mené à bien une plus grande partie du processus demandé, mais c’est Gemini qui a finalement produit le résultat le plus précis.
Planification d’un voyage d’affaires
Un deuxième test portait sur une tâche plus ouverte. J’ai demandé à l’agent Hermes de Vertu d’organiser un voyage d’affaires de Mumbai à Pune, comprenant un vol le matin, une recommandation d’hôtel et l’ajout de l’itinéraire à mon agenda. L’agent a répondu qu’aucun vol direct n’était disponible le matin pour le trajet demandé et a proposé un bouton « Contact Butler » pour transmettre la demande au service de conciergerie de Vertu. Il a également créé une entrée d’agenda avec des dates erronées, programmant le voyage pour le 7 juillet au lieu des 18 et 19 juillet, laissant ainsi le flux de travail inachevé.

Crédits image :Jagmeet Singh / TechCrunch
Gemini, sur le Galaxy Z Fold 7 de Samsung, a adopté une approche différente. Après avoir déterminé qu’aucun vol direct le matin ne convenait pour le trajet demandé, il a poursuivi la planification du voyage en proposant d’autres options de voyage plutôt que de transférer la tâche.
Travail sur des documents professionnels
Les documents professionnels ont également révélé un bilan mitigé. J’ai demandé à Hermes Agent et à Gemini d’analyser une feuille de calcul financière enregistrée localement, de résumer les résultats trimestriels et de déterminer si les chiffres d’affaires du troisième trimestre y figuraient.
Lors de mes premiers tests, Hermes avait analysé une feuille de calcul des ventes mise en ligne et avait correctement résumé les chiffres du deuxième trimestre. Cependant, lorsque je suis revenu sur cette même conversation quelques jours plus tard, l’assistant ne reconnaissait plus le document précédemment partagé et m’a répondu : « Je ne peux pas accéder aux fichiers stockés directement sur votre appareil local. Veuillez télécharger ou joindre la feuille de calcul des ventes ici, dans la conversation, et je me ferai un plaisir d’analyser les données du deuxième trimestre pour vous. »

Crédits image :Jagmeet Singh / TechCrunch
Gemini exigeait également que la feuille de calcul soit téléchargée au départ, mais conservait le contexte de la conversation. Quelques jours plus tard, il était toujours capable de répondre à des questions de suivi concernant le document, identifiant correctement la région Nord comme celle générant le plus de ventes sans qu’il soit nécessaire de télécharger à nouveau le fichier.
Dans l’ensemble, ces tests suggèrent qu’Hermes Agent est un assistant IA ambitieux plutôt qu’un produit abouti. Sa volonté d’agir de manière autonome le faisait souvent ressembler davantage à un agent qu’à Gemini sur le téléphone Samsung, mais cette même approche a parfois donné lieu à des flux de travail incomplets, des résultats erronés et un comportement incohérent. Le rythme des mises à jour pendant la période d’évaluation a également laissé entendre que Vertu peaufine activement la plateforme, ce qui signifie que l’expérience actuelle pourrait ne pas être la même que celle que les acheteurs découvriront dans quelques mois.
Au-delà de l’assistance générale, Vertu a conçu Hermes autour d’un ensemble d’agents IA spécialisés destinés aux professionnels aisés, notamment des agents spécialisés dans le conseil juridique et les analyses d’investissement, ainsi que la possibilité de transmettre certaines demandes à un concierge humain. L’idée est de positionner l’Alphafold comme bien plus qu’un simple smartphone haut de gamme, en le présentant plutôt comme un assistant numérique destiné aux cadres dirigeants.
Dans la pratique, cependant, ces agents spécialisés doivent être considérés comme des points de départ plutôt que comme des conseillers faisant autorité. Ils peuvent fournir des résumés et des recommandations utiles, mais leurs réponses restent générées par l’IA et doivent être vérifiées de manière indépendante avant d’être prises en compte pour des décisions juridiques, financières ou autres décisions à enjeux élevés. La possibilité de transmettre certaines demandes au service de conciergerie de Vertu souligne les limites actuelles des agents IA. L’expertise humaine reste indispensable.
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Verdict
L’Alphafold est une tentative ambitieuse de créer un smartphone de luxe axé sur l’IA, mais sa réalisation n’est pas à la hauteur de son prix. Malgré ses matériaux haut de gamme et ses services exclusifs, le matériel de base n’offre guère plus que ce que l’on trouve sur des smartphones pliables nettement moins chers, tandis qu’Hermès Agent reste une plateforme en cours d’évolution plutôt qu’une raison convaincante de dépenser des milliers de plus.
En fin de compte, Vertu demande aux acheteurs de payer un supplément substantiel pour la marque, le savoir-faire artisanal et un écosystème de services d’IA et de conciergerie s’appuyant sur une plateforme de smartphone déjà bien établie. D’après mes tests, ce surcoût est difficile à justifier, d’autant plus que le Galaxy Z Fold 7 de Samsung offre une expérience de smartphone pliable plus aboutie, avec des fonctionnalités quotidiennes comparables, pour un prix nettement inférieur. Avec l’arrivée très prochaine du Galaxy Z Fold 8 de Samsung, la proposition de valeur de l’Alphafold devient encore plus difficile à défendre.
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