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Le pari d’Oracle sur l’infrastructure d’IA suscite des inquiétudes concernant les facturations.

Dans la course féroce pour les capacités de calcul liées à l’IA, Oracle investit des milliards dans la construction de data centers dans l’espoir de prendre une avance précoce sur le marché du cloud computing. Cependant, alors que ces installations colossales prennent forme, Wall Street devient de plus en plus sceptique : si des clients clés tels qu’OpenAI ne parviennent pas à couvrir les coûts élevés de calcul, le gros pari d’Oracle sur l’IA risquerait-il de se transformer en un fardeau financier difficile à éliminer ?
Dans son dernier rapport financier annuel, Oracle a pris l’initiative inhabituelle de décrire des risques potentiels précis. L’entreprise a clairement indiqué que si ses principaux clients ne paient pas à temps ou décident de ne pas renouveler leur contrat, elle pourrait être confrontée à d’importantes dépréciations d’actifs. Comme ces installations de calcul sont hautement personnalisées, elles ne peuvent pas être facilement réconfigurées ou louées à d’autres entités. En cas de défaut de paiement, ces investissements massifs pourraient rapidement devenir un poids financier considérable. Ce avertissement franc est rare chez les grandes entreprises technologiques et n’a fait qu’augmenter les inquiétudes du marché quant aux retours sur les dépenses consacrées à l’IA. Selon les données, l’action d’Oracle a chuté de 35 % en juin, soit la plus forte baisse parmi ses concurrents.
Au cœur de cette lutte pour les capacités de calcul se trouve le contrat « Stargate » d’une valeur de 30 milliards de dollars entre OpenAI et Oracle, qui est devenu un point focal des risques. Bien qu’Oracle n’ait pas mentionné directement cet accord dans son rapport, le marché pense généralement que le succès de cette ambitieuse expansion cloud dépend fortement du fait qu’OpenAI parvienne ou non à payer ses factures. Malgré ces incertitudes, Oracle continue d’investir de manière agressive. L’entreprise affirme que pour obtenir une part des profits générés par l’IA sur le marché du cloud, il est nécessaire d’assumer les coûts de capital et opérationnels requis dans le cadre de sa croissance.
L’anxiété d’Oracle n’est pas unique. Selon Bloomberg, six grandes entreprises technologiques, dont Microsoft et Meta, se sont déjà engagées à payer jusqu’à 85 milliards de dollars de loyers pour des data centers qui ne sont même pas encore entièrement construits. Dans le monde technologique, manquer l’opportunité offerte par l’IA est considéré comme plus dangereux que de dépenser excessivement à court terme. Mais lorsque les retours générés par d’importants investissements ne répondent pas aux attentes, la patience du marché s’amenuise. Trouver un équilibre entre expansion rapide et stabilité financière sera un défi majeur pour Oracle ainsi que pour l’ensemble de l’industrie de l’IA au cours des années à venir.
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